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Actualité du 30 Mars 1995

Le scandale du Crédit lyonnais


Le plan présenté le 17 mars par le ministre de l'Economie et le président du Crédit lyonnais, ressemble à un programme électoral. Il fait des promesses qu'il ne pourra pas tenir. Qui peut croire qu'il n'en coûtera rien à l'Etat, comme le clament le Premier ministre et le ministre de l'Economie? La BNP et la Société générale, les deux principales concurrentes du Lyonnais, estiment pour leur part que le contribuable apportera entre 28 et 40 milliards en vingt ans à la banque.
Les malversations portent sur des millions de francs. Elles n'expliquent pas les 20 milliards de pertes accumulées en trois ans, les 50 milliards (probables) à venir. Les raisons de ce gouffre de 70 milliards échappent au Code pénal: elles ont pour noms incompétence, erreurs de gestion, irresponsabilité.

Un dispositif pour sauver le Crédit lyonnais.
Une faillite de cette banque, la première européenne, l'une des dix premières du monde, aurait provoqué des répercussions en chaîne sur d'autres établissements, une tourmente sur les marchés financiers et la ruine de nombreux épargnants. Un coût infiniment plus élevé, pour le contribuable, que celui que le plan adopté pourra jamais atteindre.

Pour renflouer la banque, un montage complexe et flou.
Il s'étale sur vingt ans, comporte de nombreuses inconnues et rend l'effort du contribuable impossible à calculer. En gros, l'Etat va racheter au Crédit lyonnais un ensemble d'actifs douteux ou peu rentables, avec l'objectif de les vendre et de compenser, au moins en partie, les moins-values par des plus-values. Ainsi la banque se débarrasse de ses activités dans l'immobilier, de ses crédits au cinéma, de ses participations dans l'industrie, enfin, de filiales comme Altus ou la SDBO, sources de bon nombre de ses déboires financiers. Pour reprendre ce paquet, l'Etat empruntera au Crédit lyonnais et lui versera des intérêts. En échange, il touchera les revenus (dividendes...) tirés de ces actifs et le produit de leur vente, il percevra également un pourcentage des bénéfices futurs du Lyonnais et, enfin, les recettes de sa privatisation. Au total, affirment les pouvoirs publics, ces rentrées devraient couvrir les pertes. Mais on ne pourra le vérifier qu'en... 2014, année d'échéance du plan. Bref, une opération blanche! Du moins, dans les rêves d'Edmond Alphandéry.
En réalité, ce plan comprend deux failles: d'abord, il repose sur des hypothèses extrêmement aléatoires; ensuite, il comporte au moins une zone d'ombre. L'inconnue est double :
  • qui peut connaître le montant final des pertes dégagées par le portefeuille repris par l'Etat? L'équilibre du plan repose sur un chiffre de 50 milliards. Si ce seuil était dépassé, c'est bien le Budget qui paierait le surplus.
  • qui peut prévoir l'évolution des bénéfices du Crédit lyonnais, autre source de recette? Mais le plan est également flou. Ainsi il ne précise pas comment seront financés les intérêts de l'emprunt souscrit par l'Etat. Pour 1995, ce montant s'élève à 8,4 milliards de francs. Pour la suite, le chiffre est impossible à évaluer (toujours l'opacité!), mais on peut l'estimer à plusieurs milliards, au moins pendant les premières années. C'est là le point le plus faible du dispositif.
Enfin, pour rentrer dans ses fonds, l'Etat compte sur les recettes de la privatisation de la banque. Là encore, il se livre à une estimation, de l'ordre de 15 milliards; mais tout dépendra de la capacité du Lyonnais de recouvrer la santé. Et, surtout, cet argent aurait pu servir à autre chose: réduire le déficit budgétaire ou doter d'autres entreprises. Il s'agit donc bel et bien d'un manque à gagner pour les caisses publiques. Résumé d'un banquier: «L'Etat va payer des pertes aléatoires avec des recettes incertaines.» Comment prétendre, dans ces conditions, réaliser l'équilibre? Il eût été plus sain de ne pas s'y engager.

Des malversations ou des indélicatesses ont pu être commises. Mais elles n'expliquent pas le gouffre de plusieurs milliards qu'il faut aujourd'hui combler. Cette débâcle est le résultat d'une accumulation d'erreurs imputables à Jean-Yves Haberer (PDG de 1988 à 1993); d'une stratégie trop risquée, couverte par le ministre de l'Economie de l'époque, Pierre Bérégovoy; d'une insuffisance des contrôles internes et externes.
Bref, le Crédit lyonnais incarne parfaitement les dérives françaises: le pouvoir absolu dans l'entreprise - Jean-Yves Haberer terrorisait son état-major et gouvernait sans contre-pouvoir; les défaillances de l'Etat, mauvais actionnaire par définition; enfin, la connivence des grands corps de l'administration.

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