Banques européennes
Les fusions acquisitions bancaires en Europe se sont multipliées au cours de la décennie 90, tant en nombre d'opérations qu'en valeur. Des phénomènes de fond sont à l'origine de ce mouvement : la déréglementation, l'introduction de l'euro, les privatisations, l'implication des banques coopératives et publiques, la recherche d'un pouvoir de marché.
Ce mouvement a été néanmoins d'une portée limitée. En effet, plus de 80 % des deals de la décennie 90 se sont conclus entre acteurs domestiques. L'émergence de champions nationaux et le renforcement d'oligopoles domestiques au cours de la seconde moitié des années 90 ne se sont pas encore traduits par de grands mouvements transfrontaliers, du fait de l'hétérogénéité des marchés bancaires européens.
Dans ce contexte, les alternatives aux fusions acquisitions, moins coûteuses et impliquantes, ont été fréquemment privilégiées par les grandes banques européennes. Elles ont pris la forme d'alliances capitalistiques et d'accords techniques ou commerciaux. Le succès de ces approches est néanmoins circonscrit aux initiatives en bancassurance ou sur des métiers exerçables à l'échelle européenne (banque d'investissement, gestion d'actifs, affacturage,
credit à la consommation ...).
La diminution des fusions acquisitions bancaires en Europe depuis juillet 2000 est essentiellement conjoncturelle (déprime boursière, ralentissement économique, passage à l'euro). De puissants moteurs de la consolidation bancaire européenne restent à l'œuvre. Certains pays sont encore peu concentrés (Allemagne, Italie). D'autres ont encore une marge de consolidation entre des banques de taille moyenne ou faible (Espagne, Portugal, France, Royaume-Uni), ou entre assureurs et banques. Les marchés bancaires européens étant encore très marqués par des spécificités nationales, les rapprochements transeuropéens devraient rester ponctuels. Toutefois, la tendance lourde est au renforcement des alliances capitalistiques entre acteurs européens.
© BFJ Finance votre
guide du crédit